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Pêche exceptionnelle d’Ombles chevalier

Mardi 27 novembre, 8h30.

Temps gris mais vent quasi nul, pas de pluie et température aux environs de 4°.

De bonnes conditions pour mener à bien cette pêche exceptionnelle d’ombles en vue de constituer le nouveau stock de la pisciculture.

 

Cette année, sur incitation de la Fédération Départementale, le protocole de la pêche est modifié.

Chaque ponte d’une femelle sera fertilisée par deux à trois mâles et conservée séparément des autres pontes.

L’objectif fixé est d’atteindre 20 à 25 pontes.

Profitant de cette pêche exceptionnelle Céline Chasserieau (chargée d’études de la Fédération) prélève un morceau de l’adipeuse des géniteurs ayant participé à la ponte (mâles et femelles) pendant que   Chloé et Valérie (INRA) effectuent une biométrie simplifiée (mesure et prélèvement d’écailles).

Des poissons non utilisés complèteront le panel à concurrence de 150 individus.

Sur le lac trois bateaux pour mener à bien l’ensemble des opérations :

  • la barque de Florent Capretti qui a posé les filets la veille au soir, avec à son bord Carine et Yves les pisciculteurs de la Puya.
  • le bateau de Yann Magnani dans lequel s’effectueront par Céline, Chloé et Valérie prélèvements, mesures et stabulation des poissons en attente des pontes ou de leur réveil après anesthésie.
  • la barque de Paul Darsy avec Christian Ramon qui supervise la pêche pour le compte de la DDT et Maurice qui prend des photos.

 

Après quelques manœuvres pour placer les embarcations de manière optimale au déroulement des  diverses manipulations Florent Capretti entame la remontée de ses filets.

Au fur et à mesure qu’il démaille des ombles, il les passe à Yves qui vérifie leur niveau de maturité, puis avec Carine procède aux pontes.

Chaque ponte de femelle est fécondée par deux ou trois mâles de manière à s’assurer de sa fertilisation.

Chaque ponte porte un numéro de lot également affecté aux géniteurs qui y ont participé. Ceux-ci sont mesurés et se voient diminués d’un petit morceau de l’adipeuse et de quelques écailles.

L’adipeuse permettra d’établir un portrait génétique du reproducteur, les écailles fourniront son âge qui, rapporté à la taille, donnera une idée de sa vitesse de croissance.

 

Mais pourquoi avoir mis en place une manipulation aussi lourde ?

Autrefois on se contentait de prélever les ovules de plusieurs femelles dans un même récipient, la laitance de plusieurs mâles, on mélangeait et ….terminé.

Les pontes étaient ensuite mises en claies sans distinction d’origine.

 

Le nouveau protocole vise à améliorer la définition du stock des géniteurs qui serviront à produire les futurs alevins.

L’idée consiste à réduire au minimum, voire à supprimer, toute consanguinité chez les futurs alevins en parvenant à ne croiser, dans le futur, que des géniteurs n’ayant pas de parenté.

Le but est d’obtenir des alevins plus vigoureux, moins sujets aux maladies. On sait que, chez toutes les espèces animales, la consanguinité est toujours marquée par un affaiblissement des individus et une plus grande exposition aux maladies.

 

Pour cela une méthode a été mise en place, s’inspirant en partie de celle déjà expérimentée pour la constitution des stocks de géniteurs des rivières.

 

Chaque ponte est traitée séparément pendant l’incubation, l’éclosion et l’élevage jusqu’à ce que les alevins atteignent une taille suffisante pour être marqués.

Le matériel a bien évidemment été adapté, séparations variables dans les claies, en fonction de la taille des alevins, séparations dans les bassins en forme d’auges…

Enfin lorsque les alevins atteindront environ 10 cm ils seront marqués par un implant de couleur en élastomère déposé au moyen d’une seringue. Tous les alevins issus d’une même mère porteront la même marque. Cet implant reste visible dans le temps et la conjugaison des couleurs et des emplacements des marques autorisera une reconnaissance aisée des diverses fratries.

Au besoin ce marquage sera renouvelé dans le temps sur les poissons arrivant à maturité.

A terme,  il deviendra donc  possible de ne pratiquer des croisements qu’entre sujets appartenant à des fratries différentes.

La dernière étape consistera à vérifier si la méthode apporte un plus sur le taux de survie et de retour dans la pêche des alevins ainsi produits en comparant les résultats à ceux obtenus actuellement.

 

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